Les parcours “Différencier avec le numérique : pourquoi, pour qui, comment ?” et “Adapter ses pratiques d’évaluation grâce au numérique” sont désormais en ligne. Parcours adaptés pour les professionnels des 1er et 2nd degrés.
Deux nouveaux parcours M@gistère sont en ligne : « Différencier avec le numérique : pourquoi, pour qui, comment ? » et« Adapter ses pratiques d’évaluation grâce au numérique ». Ils viennent compléter les très nombreux M@gistère déjà présents sur le site plateforme TNE pour vous former en toute autonomie.
Parcours “Différencier avec le numérique : pourquoi, pour qui, comment ?”
Public : directions d’école, les enseignants du second degré et les professeurs des écoles.
D’une durée de deux heures, ce module s’effectue en autonomie. Il vous propose d’aborder la différenciation comme une posture de l’enseignant, à travers le prisme de la Conception Universelle des Apprentissages. Il s’agit, pour l’enseignant, de prendre en compte les besoins de tous les élèves afin de proposer des situations pédagogiques différenciées à l’aide d’outils numériques.
Les compétences développées grâce à ce module sont de connaître les élèves et les processus d’apprentissage, de prendre en compte la diversité des élèves, et enfin de construire, mettre en œuvre et animer des situations d’enseignement et d’apprentissage prenant en compte la diversité des élèves. À travers ces nouvelles compétences, l’objectif est de sensibiliser les participants aux enjeux de la différenciation et proposer des mises en œuvre de situations de différenciation à l’aide du numérique.
Parcours “Adapter ses pratiques d’évaluation grâce au numérique”
Public : directeurs d’écoles et enseignants du second degré.
Ce module de formation de deux heures est découpé en 4 grandes parties qui vont vous permettre de :
- faire le point sur la notion d’évaluation et de voir comment l’intégrer en amont dans une démarche d’enseignement ;
- faire un zoom sur l’évaluation formative et sur les feedbacks à apporter aux élèves ;
- découvrir quelques outils numériques qui permettent d’opérer ce type d’évaluation ;
- essayer de mettre en œuvre dans la classe une démarche d’évaluation formative à travers l’utilisation d’un outil numérique.
En apprenant à évaluer les progrès et acquisistions des élèves, les personnels formés vont pouvoir consolider leurs connaissances sur l’évaluation et enrichir leurs pratiques évaluatives tout en y intégrant le numérique.
Super Hérault, s’est tenu les 21, 22 et 23 mars à l’Hôtel de ville de Montpellier et a accueilli plus de 1300 personnes !
« Super Hérault – Apprends autrement avec le numérique » était un événement organisé dans le cadre du TNE 34 et s’adressait principalement aux élèves du cycle 3 (CM1 à la 6eme), aux enseignants, aux services de l’enfance et de la jeunesse (animateurs et médiateurs) mais également aux parents. L’événement festif et pédagogique proposait des parcours diversifiés autour de thématiques comme les jeux vidéo & animation 3D, audio, E-sport, Sport et numérique, code et robotique, IA, fablab, cinéma et audiovisuel, EMI et culture numérique, prévention et sensibilisation….

Deux journées étaient réservées aux établissements scolaires TNE 34 et une journée pour le grand public pour leur permettre de découvrir les mondes numériques et les accompagner dans l’éducation aux médias et au numérique. Les masterclass du samedi traitaient des possibilités des formations et métiers du numérique et afin comprendre et guider les pratiques numériques des enfants et adolescents.
L’objectif était de mieux appréhender les enjeux des usages numériques des enfants, à l’école et hors temps scolaire. Et l’objectif a été largement atteint !
Super Hérault en quelques chiffres c’est :
- + de 1 300 participants et participantes
- 15 écoles
- 8 collèges
- 13 collectivités impliquées
- 100 ateliers
- 6 activités collectives
- 2 tables rondes
- 30 partenaires
- 1 vrai travail d’équipe
C’est aussi des centaines de retours positifs de la part des enfants, filles comme garçons, la totalité des partenaires prêts à renouveler leur participation pour la prochaine édition, des enseignants qui souhaitent reprendre en classe de nombreux outils vus lors de cet évènement, des parents souhaitant également réutiliser certains outils avec leurs enfants…
Un grand merci à l’ensemble des partenaires qui se sont impliqués à construire ensemble un événement de qualité autour du numérique éducatif, au CRIJ Occitanie et Réseau Canopé Occitanie pour avoir coconstruit et cofinancé le projet, et enfin, à la ville de Montpellier d’avoir accueilli l’évènement à l’Hotel de ville.
Pour consulter le bilan de l’évènement c’est ici.
Pour un retour en vidéo sur l’évènement c’est ici.
Pour écouter le podcast des écoliers de l’école de Mairan c’est ici.
Cultivez vos compétences numériques avec Pix. Retrouvez la marche à suivre pour accéder à la plateforme Pix + Edu.
Vous souhaitez booster vos compétences numériques ? Pix n’attend que vous !

Pour accéder à la plateforme, rendez-vous sur https://pix.fr/
Et saisissez le code : FLGXPW813
Pour vous accompagner, retrouvez :
Une série de vidéos sur la chaîne Peertubes de Réseau Canopé Pix+Edu : https://tube.reseau-canope.fr/c/pix_edu/videos?s=1


Ainsi que des tutos d’accompagnement réalisés par la Drane Occitanie : http://www.pearltrees.com/t/certification-competences/id26779406

Parcours Magistere en auto-inscription : https://magistere.education.fr/ac-montpellier/course/view.php?id=10975

Une difficulté, un besoin d’accompagnement :
- N’hésitez pas à contacter le pôle d’assistance informatique de l’académie en déposant une demande sur le portail d’assistance ASAP (connexion avec vos identifiants académiques) : https://asap.ac-montpellier.fr ou par téléphone au 04 67 91 48 00.
- Permanence sur la Maison du numérique, le 22 mars
Zoom sur une association d’éducation au numérique lunelloise : Causons écrans. Partenaires du TNE 34, ils ont accepté de nous parler de leurs premiers ateliers animés auprès de parents d’élèves des écoles concernées.
Florentin Beuze et Tiphaine Benoit, sont les fondateurs de l’association Causons écrans basée à Lunel. En tant que partenaires du TNE 34, ils ont répondu à nos questions suite à leurs premiers ateliers animés auprès de parents d’élèves des écoles concernées par le dispositif.
Comment est né le projet de l’association Causons écrans et quelles sont vos activités principales avec l’association aujourd’hui ?
L’association est née de deux passions : le cinéma et le jeu vidéo. Deux passions sous l’angle de l’esprit d’analyse et de l’esprit critique. A cela est venu se mêler l’éducation aux médias ainsi que la volonté de faire découvrir les métiers de l’audiovisuel. Tôt dans la fondation de l’association, le psychologue Florian Malabrera est venu apporter son soutien dans la section prévention de Causons Écrans.
Causons Écrans se décompose en trois “ sections “ : Cinéma, Escrime de Cinéma et Prévention.
La première propose des ateliers cinéma notamment avec les AML (activités municipales de loisirs) de la ville de Lunel. Avec cette section, nous faisons toute l’année des court-métrages, apprenons aux adolescents la technique cinématographique, analysons des séquences de films et orientons vers les métiers du cinéma
La deuxième, l’escrime de cinéma, propose avec le maître d’armes Florent Ayasse d’apprendre l’escrime comme au temps de D’Artagnan, des chevaliers et autres afin de faire des chorégraphies filmées ou à présenter sur scène. L’escrime de cinéma c’est faire croire un maximum au spectateur à la dangerosité du combat, mais en restant en toute sécurité. Elle est un mélange entre la cascade et le jeu d’acteur.
La troisième, la section prévention, concerne l’éducation aux médias, la “prévention écrans”. Cela se fait tant par la pratique audiovisuelle que par des débats, des quizz sous le ton de l’échange. Il s’agit de voir le vrai du faux en ce qui concerne les écrans, les inquiétudes, mais aussi les points positifs. La section prévention aborde ces sujets aussi à travers des groupes de paroles ou, au besoin, avec un psychologue. Il s’agit parfois de renouer un lien qui s’est délité entre les parents et leurs enfants.
Causons Ecrans ne reste pas uniquement à Lunel. L’association peut se déplacer partout au besoin, s’adapte à la pédagogie des différents établissements et travaille avec les établissements scolaires, la CAF de l’Hérault, les associations, les centres sociaux, l’ANCT (Agence Nationale de Cohésion des Territoires).
Quelles actions principales menez-vous avec les parents ?
Causons écrans mène des actions de prévention écrans et d’éducation au numérique auprès des parents du territoire.
Nous avons principalement deux actions: la première est soutenue dans le cadre du contrat de ville et permet la mise en place de permanences et de temps d’échange avec les parents de la ville de Lunel.
La seconde avec le dispositif TNE 34, avec l’animation d’ateliers auprès des parents, pour les sensibiliser aux usages numériques de leurs enfants.
Comment parvenez-vous à mobiliser des parents pour les ateliers ?
La mobilisation des parents se fait en fonction des besoins recensés et des créneaux à privilégier selon les villes, les écoles, et les actions déjà mises en place sur les établissements (à l’occasion de temps forts déjà existants dans les écoles, par exemple).
Dans le cadre du TNE 34, Causons écrans met à disposition des affiches, dans les écoles, pour faciliter la communication et l’information auprès des parents.
De manière générale, Causons écrans mène régulièrement des actions hors les murs pour aller à la rencontre des publics et propose des temps conviviaux qui permettent de rassembler parents et enfants autour d’une prévention ludique et accessible.
Quels sont les profils de parents que vous rencontrez ?
Les parents rencontrés sur les ateliers TNE sont majoritairement des mères de famille, mais les profils restent très variés.
Nous constatons très souvent une inquiétude importante des familles face aux outils numériques et l’utilisation par leurs enfants, par méconnaissance des usages qu’ils en font.
Les parents reconnaissent pour certains ne pas être à l’aise avec les loisirs de leurs enfants sur les écrans (peu d’échange sur ces sujets au sein des familles) et ont parfois du mal à instaurer un équilibre avec les temps d’écran liés aux loisirs et au cadre scolaire.
Selon vous, quelles sont les plus grandes difficultés rencontrées par les parents lors des ateliers que vous menez ?
Les plus grandes difficultés rencontrées par les parents semblent être de trouver l’équilibre entre prévention quant aux usages des écrans et exploitation de ces nouveaux outils dans la vie au quotidien (espace numérique de travail par exemple).
Les parents se disent parfois être au courant des informations de prévention et d’éducation au numérique mais ressentent des difficultés à les mettre en place au quotidien (ont souvent peur de mal faire).
Une astuce ou un outil à partager avec les médiateurs numériques du TNE 34, qui animent aussi des ateliers avec les parents ?
Un des conseils que nous pourrions donner serait de mettre de côté les stéréotypes.
Au cours du mois de mars, les enseignants réalisant le parcours en ligne Pix vont pouvoir se situer par rapport à leurs compétences numériques.
Dans le cadre des animations pédagogiques, plus de 1 000 professeurs des écoles du TNE sont invités à réaliser un parcours national d’auto positionnement PIX+EDU.
Le dispositif Pix+ Édu vise à renforcer la culture numérique professionnelle des enseignants et des personnels d’éducation. Les compétences numériques professionnelles attendues sont définies dans le cadre de référence des compétences numériques pour l’éducation (CRCN-Édu), inspiré du DigCompEdu. Le dispositif est constitué d’un parcours d’auto-positionnement, de parcours d’auto-formation et d’entraînement en ligne, et de formations pour accompagner la montée en compétences. En savoir plus sur Pix+Édu

Ce vendredi 8 mars nous célébrons la journée internationale des droits des femmes. Au sein du dispositif du Territoire Numérique Educatif de l’Hérault (TNE 34), nous menons des actions pour promouvoir la place du numérique dans l’éducation. A l’occasion de cette journée, nous avons souhaité vous interroger sur la place des femmes et des jeunes filles dans un des domaines du numérique, la radio. Il nous semblait donc important de partager le témoignage d’une figure inspirante de la radio dans l’Hérault.
Pour reprendre votre parcours, vous avez commencé la radio en 1988. Vous êtes directrice de France Bleu Hérault depuis environ 5 ans. Vous avez été formatrice pour la Fondation Hirondelle pour le projet radio GAFA, en Tunisie, pour le CFPJ de Paris, avez dirigé des missions pour une Fondation Suisse Hirondelle, en République Démocratique du Congo sur le Rwanda en République Centre Afrique. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Oui, j’ai travaillé pour la Fondation Hirondelle, qui crée des médias en zone de conflit. Je suis partie pour la Fondation Hirondelle au début pour former des journalistes pendant 3 mois, et finalement je suis restée 3 ans. J’ai aussi travaillé sur le site internet du Tribunal international du Rwanda basé en Tanzanie pour le rendre plus accessible au grand public suite au massacre du Rwanda. Après j’ai mis en route la première radio post révolution en Tunisie avec un modèle de radio de service public démocratique. Et dans toutes ces missions, il y a toujours eu la question des femmes puisque c’est une question centrale dans tous ces médias. La question des femmes est centrale dans tous les processus démocratiques.
Mais pour revenir au tout début de mes études, j’avais beaucoup de mal à rester en classe et le modèle scolaire n’était pas satisfaisant, car je ne pouvais pas déployer toute ma créativité. En revanche, j’ai eu la chance de faire de la musique au conservatoire en tant que violoncelliste et une école de stylisme à Paris. Plus tard, j’ai cherché quelque chose qui me permette de satisfaire ma curiosité et j’ai commencé en radio associative. Ensuite, j’ai intégré le service public : je travaillais pour la télé à France 3 puis je suis arrivée en Creuse.
Pourquoi la radio ?
Ce qui m’intéressait le plus en radio, c’était les témoignages. La radio m’a permis de satisfaire ma curiosité. Quand on travaille en radio, on rencontre toutes sortes de gens. Ça peut être aussi bien un ministre que quelqu’un qui vit dans la rue, qu’une femme qui se mobilise dans une association, etc. En Creuse où j’étais animatrice, un ami m’a dit : « Tu es en train de faire un collectage incroyable, pourquoi tu ne rentrerais pas à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) ? Tu pourrais entrer en maitrise. » Et c’est ce que j’ai fait. J’ai eu une chance incroyable. J’ai donc continué à travailler en radio, à faire des documentaires pour France Culture. Je suis un peu ce qu’on appellerait aujourd’hui une hyperactive.
J’ai donc obtenu mon DEA (Diplôme d’Etudes Approfondies, équivalent du master), avec mention, sous la direction de Pierre Laborie (L’Opinion française sous Vichy, 1990). J’ai également constitué le premier fonds d’archives sonore des personnes qui ont sauvé des enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Je voulais savoir ce qui fait qu’à un moment donné, un citoyen, quel qu’il soit, peu importe ses appartenances religieuses, peu importe ses appartenances politiques, peu importe s’il est politisé ou pas, va, au risque de sa vie, sauver d’autres personnes et notamment des enfants.
Outre la notion de témoignage, y a t-il une autre raison à cet engouement ?
Ce qui m’intéresse en fait, ce sont les gens, ce sont les autres. Je crois que l’être humain est fait de ce qui le compose, c’est-à-dire de sa personnalité, de son parcours, de ses origines, de là où il est né, de là où sont nés ses parents, donc des cultures qui s’additionnent parfois. Mais aussi de ses valeurs et de ses conditions.
Ce qui fait que la démocratie tient, c’est parce qu’il y a des gens qui sont investis de valeurs. La démocratie pour moi c’est quelque chose de très important également, comme l’esprit de la République. Ce sont des valeurs fondamentales de liberté. Et en découvrant ces gens que j’ai interrogé, et qui étaient devenus pour certains vieux ou adultes, j’ai plongé dans un univers de personnes qui avaient un courage inouï. Et j’ai trouvé que c’était des destins absolument extraordinaires dont on pourrait avoir besoin aujourd’hui et dont on a besoin, pour se cultiver et cultiver la notion de paix. Parce que s’il n’y a pas des gens valeureux, il n’y a pas de paix possible. Et donc j’ai commencé à travailler là-dessus.
Vous savez je suis née en Algérie en 1962. Du côté de ma maman, ma famille est espagnole. Du côté de mon papa, j’ai une grand-mère d’origine espagnole et un grand-père français. Donc l’exode, la guerre, l’identité sont des questions qui m’ont toujours beaucoup interrogée. Et la question de l’identité, elle est fondamentale. Le fil conducteur est en fait la perte d’identité. J’ai toujours pensé que le rôle d’un média de service public c’était de rendre compte de ce qui se passe et faire cela c’est rendre compte de ce qui fait un territoire, de ce qui fait le terreau humain. Et là, on avait une terre et un territoire absolument exceptionnels.
Parmi ces personnes exceptionnelles, est-ce qu’il y a des femmes qui vous ont marqué ?
Oui, il y a deux femmes clés dans cette histoire. Il y a une femme qui s’appelle Pauline Gaudefroy (membre du réseau Garel), qui était une jeune femme qui a caché et fait passer énormément d’enfants, mais qui a été arrêtée et torturée au-dessus de Limoges. J’ai mené plusieurs travaux sur elle. Le rôle de la radio publique est de rendre compte. Je ne crois pas au devoir de mémoire, mais je crois au devoir d’humanité.
J’ai donc commencé à collecter le témoignage de Pauline Gaudefroy. Et à un moment donné, il y a un monsieur qui m’a dit, mais si vous voulez vraiment que tous les anciens enfants cachés vous parlent, il faut que vous alliez voir Raya Jacob. Si Raya dit oui, vous pourrez avoir la validation de tout le monde. Et je suis allée voir Raya à Paris. C’est une toute petite femme qui a emmené son frère et sa sœur sous son bras pendant la Seconde Guerre mondiale. J’ai passé presque une journée avec elle. A à la fin, elle m’a dit, « Vous pouvez revenir, on va continuer ». Et à partir du moment où Raya a dit oui, tous les autres ont dit oui. Mais cette femme a eu une vie absolument incroyable et elle m’a ouvert la compréhension sur ce qu’était ce parcours pendant cette période.
Ce qui vous raccroche à la radio ce n’est donc pas tant une figure de la radio, mais le témoignage, le renouement avec son identité. C’est rendre compte de l’humanité. Vous m’avez dit que la femme avait une place très importante dans votre parcours. Pouvez-vous me donner d’autres exemples ? Quels sont vos engagements pour la cause féminine ?
J’ai toujours été très engagée sur cette question-là. Quand j’ai commencé en radio, mes directeurs étaient des hommes, il n’y avait quasiment pas de femmes. J’ai été obligée de me battre pour me faire entendre, pour me faire reconnaître. A un moment donné, sur les 44 radios en réseau de France Bleu, il n’y avait qu’une seule directrice, c’était moi. Donc j’ai connu cette période où il n’y avait quasiment pas de directrices. Pour moi la place de la femme dans tous les processus décisionnaires de la société est essentielle parce qu’elle constitue la diversité de la société. Comme toutes les représentations sont essentielles.
Il est primordial que toutes ces jeunes filles auxquelles vous allez parler, sachent que lorsqu’elles aspirent à un métier, à un projet, elles ne doivent jamais s’en détourner et ne jamais faillir dans leurs propres convictions. En Mayenne, on a créé un club qui s’appelait le Club des gonzesses, de manière assez provocatrice, où des femmes d’univers et lieux très différents, se rencontraient pour s’accompagner, se coopter, pour s’aider. On a créé différents types de rencontres et créé un jeu qui s’appelle « Et pourquoi pas ? ».
Et pour moi, c’est essentiel que dès le plus jeune âge les filles décident de ce qu’elles veulent faire. Si ce qu’une fille veut c’est être présidente de la République, eh bien il faut qu’elle fasse tout pour y arriver. Et nous devons, nous les autres femmes, l’accompagner.
Vous m’avez donc parlé de ce que vous avez fait en Mayenne mais dans l’Hérault, est-ce qu’il y a des initiatives que vous avez mises en place ou que vous souhaitez mettre en place ?
Alors au niveau de la radio, des émissions dédiées à la journée du 8 mars vont être animées, nous allons inviter quelques femmes, notamment des femmes qui exercent une activité en lien avec les médias pour aborder la question de la visibilité des femmes dans les médias. Mais je déplore certains réseaux car il n’y a pas de mixité sociale. Et je pense que ça, c’est catastrophique. Donc après il faut trouver les bons réseaux de femmes qui s’ouvrent aussi.
Qu’entendez-vous par là exactement ?
Ce que je constate, c’est que la pratique des réseaux professionnels en France est très masculine. Les femmes n’avaient pas cette pratique du réseau. Aujourd’hui c’est beaucoup plus développé, mais elles n’ont pas su tout prendre ou créer une nouvelle forme de réseau. Je m’explique, vous allez avoir les réseaux des chefs d’entreprises. Très bien, mais elles ne sont qu’entre elles. En quoi sont-elles utiles aux autres femmes qui ne peuvent pas sortir de chez elles ? En quoi les aident-elles ces femmes ? On a besoin de mixité entre nous parce que nous avons besoin d’abord d’accompagner les femmes qui sont les plus exclues des systèmes, du travail, de la culture, et cetera.
Constituer des réseaux féminins diversifiés est donc très important mais en ce qui concerne les études, auriez-vous des conseils à donner ?
Pour la filière purement journalistique, beaucoup se dirigent vers un institut d’études politiques (IEP), mais il y a aussi la filière animation, animateur journaliste. Il y a des écoles privées et il y a l’INA, (Institut national audiovisuel), qui fait aussi des formations. Et il y a donc les universités d’été à Radio France grâce auxquelles on peut déjà faire un stage.
Quant aux métiers possibles à la radio il y a des techniciennes, des animatrices, des journalistes, des agents de gestion, des régisseuses, des cadres. Vous avez une responsable technique, une responsable des programmes. Ici à France Bleu Hérault il y a 32 personnes, femmes et hommes confondus.”
Nous espérons que ce témoignage inspirera le plus grand nombre. Nous laissons le mot de la fin aux écolières de l’école Mairan à Béziers, qui s’initient à la webradio. Elles aussi font entendre leur voix et interrogent une figure inspirante de la radio :
“Est-ce que les hommes vous respectent ? Est-ce qu’il y a beaucoup de filles à la radio ? Est-ce qu’il y a beaucoup d’hommes avec vous ?”
“J’avais jamais aimé me faire entendre, mais genre vers peut-être, le CE2 j’ai commencé à bien aimer, j’ai bien aimé me faire entendre même pendant un moment sur une application pas très connue je faisais des vidéos et tout et maintenant j’aime bien me faire entendre voilà“.
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Pour aller plus loin
Les différents métiers de la radio
Retrouvez tous les podcasts enregistrés par les élèves du TNE de l’Hérault.
Propos recueillis par Stella REMINY-ELIZOR.












